(Vol. 6, No. 5)
ISSN: 1067-151X
© 1998 American Academy of Orthopaedic Surgeons
Laith M. Jazrawi, MD, Frederick J. Krummer, PhD, and Paul E. DiCesare, MD
Surfaces portantes alternatives pour arthroplastie totale
La réponse biologique en particules d'usure de polyéthylène produites par les surfaces de contact métal-polyéthylène est tenue pour hautement responsable de l'ostéolyse périprothétique et du descellement aseptique des prothèses totales. Aussi, il est intéressant de développer un polyéthylène aux caractéristiques d'usure améliorées. De même, il existe un regain d'intérêt pour les surfaces alternatives de contact pour les prothèses totales articulaires comprenant les couples céramique-polyéthylène, métal-métal et céramique-céramique. Les expérimentations, tant en clinique qu'en laboratoire, montrent que ces surfaces alternatives ont une friction inférieure et un taux de débris moindre que les couples métal-polyéthylène. Les résultats cliniques, certes à court et moyen termes, sont encourageants. Les surfaces de contact alternatives, avec leur taux d'usure bas et la formation de débris réduite, peuvent améliorer la survie des prothèses articulaires en diminuant l'ostéolyse périprothétique, spécialement chez les patients jeunes à forte demande.
Lawson A. Copley, MD, and John P. Dormans, MD
Les pathologies du rachis cervical chez l'enfant
La prise en charge des pathologies du rachis cervical nécessite une compréhension des particularités anatomiques du rachis cervical de l'enfant. Dans cet article, le développement anatomique du rachis cervical est brièvement décrit avec les différents aspects radiographiques qui le caractérise. L'épidémiologie, les tableaux cliniques et la prise en charge des malformations congénitales sont décrites. De même, le diagnostic, le traitement et la prise en charge des traumatismes du rachis cervical pédiatrique sont aussi rapportés. Les autres pathologies qui intéressent le rachis cervical comme les dysplasies du squelette, les pathologies du tissu conjonctif, les arthrites inflammatoires sont discutées.
David Ring, MD, Jesse B. Jupiter, MD, and Peter M. Waters, MD
Les fractures de Monteggia de l'enfant et de l'adulte
Le terme "fracture de Monteggia" est très précisément utilisé pour faire référence à la luxation radio-ulnaire proximale associée à une fracture de l'avant-bras. C'est le type de fracture de l'ulna, plus que la direction de la luxation de la tête radiale, qui est utile pour déterminer le meilleur traitement des fractures de Monteggia, à la fois chez l'enfant et l'adulte. La réduction anatomique et stable de la fracture de l'ulna entraîne une réduction anatomique de la tête radiale. Les résultats notoirement mauvais du traitement des fractures de Monteggia de l'adulte ont été considérablement améliorés par le développement des techniques modernes de fixation par plaque vissée qui facilite la mobilisation précoce en assurant une réduction anatomique. Les résultats relativement bons après traitement non opératoire des fractures de pédiatriques rendent compte de la prévalence des fractures stables (incomplètes) chez l'enfant. Les fractures instables (complètes) sont vouées à un déplacement résiduel ou récurrent et requièrent une fixation chirurgicale. Les reconstructions tardives des lésions chroniques de Monteggia chez l'enfant peuvent être complexes et imprévisibles. La clé du bon résultat après une fracture-luxation de Monteggia de l'avant-bras reste la détection précoce de la dissociation radio-ulnaire proximale.
Mininder S. Kocher, MD, and Frederic Shapiro, MD
L'ostéogenèse imparfaite: diagnostic, classification et prise en charge
L'ostéogenèse imparfaite est une anomalie du tissu conjonctif d'origine génétique et caractérisée par une fragilité osseuse. La maladie regroupe un ensemble phénotypique et génotypique hétérogène de modifications non héréditaires qui résultent des mutations des gènes codant pour le collagène de type 1. Les modifications touchent les tissus dont la principale matrice protéique est le collagène de type 1 (principalement les os, les dents, les sclérotiques et les ligaments). Les atteintes des muscles squelettiques sont variables en sévérité s'échelonnant de façon continue depuis la forme létale périnatale avec des os ratatinés jusqu'aux formes cliniquement silencieuses avec une discrète ostéopénie sans déformation; en passant par les formes modérées avec déformation et risque de fracture. Le diagnostic différentiel comprend d'autres entités avec fractures, déformation et ostéopénie. La classification est basée sur le délai d'apparition des fractures et sur de multiples constatations cliniques, génétiques et radiologiques. Les études en génétique moléculaire ont identifié plus de 150 mutations des gènes du COLA1 et du COLA2 qui codent pour le type 1 du procollagène. Des modalités de traitements systémiques variés sont à l'essai, quoiqu'il en soit, ces actions sont inefficaces , encore expérimentales ou bien les études ne sont pas concluantes. La thérapie génétique présente le potentiel pour augmenter la synthèse de collagène de type 1 dans les atteintes modérées et pour corriger la mutation dans les atteintes sévères ; mais elle présente encore de nombreux écueil techniques. Le but du traitement de l'ostéogenèse imparfaite est d'optimiser la fonction, de diminuer les déformations et l'invalidité, de maintenir un confort et un niveau d'indépendance suffisant à la réalisation des activités quotidiennes, et de permettre l'intégration sociale. L'obtention de ces objectifs nécessite une chronologie du traitement dépendant de la sévérité de la maladie et de l'âge du patient. L'absence de geste chirurgical reste la base de la prise en charge orthopédique, dont les buts sont le maintient de la station verticale et de la possibilité de déplacement, ainsi que la prévention et le traitement des fractures. Les interventions chirurgicales ne sont indiquées que dans les fractures récidivantes et pour les déformations qui compromettent la fonction.
Thomas O. Clanton, MD, and Kevin J. Coupe, MD
Diagnostic et traitement des déchirures musculaires des ischio-jambiers chez les athletes
Les déchirures musculaires des ischio-jambiers sont parmi les lésions les plus fréquentes chez les athlètes. Les études associant électromyogramme et analyse de la marche ont permis de préciser les moments d'activités des 3 muscles du groupe ischio-jambier; ils fonctionnent au moment de la phase précoce d'appui du genou, au moment de la phase tardive de propulsion et lors du balancement pour contrôler le mouvement de la jambe. Un traumatisme musculaire qu'il soit partiel ou complet, survient à la jonction tendino-musculaire, là où les forces sont concentrées. Le processus de cicatrisation débute par une phase inflammatoire, associant oedème et hémorragie localisée. Après une période initiale de diminution de la tension, la cicatrisation musculaire retrouve rapidement de la résistance, tant qu'un nouveau traumatisme n'intervient pas. Bien que les anti-inflammatoires soient un élément essentiel au traitement, un certain degré d'inflammation est nécessaire pour résorber les fibres musculaires nécrosées et les reconstruire, permettant ainsi une récupération maximum. Le repos, la glace, la compression et l'élévation sont toujours les premiers soins à apporter. Après une courte période d'immobilisation (en général moins d'une semaine même dans les ruptures importantes) la mobilisation est commencée pour conduire la régénération des fibres musculaires et limiter l'extension de la fibrose. Des exercices indolores simultanées d'étirement et de contraction (commençant par de l'isométrique puis progressivement de l'isotonique et isométrique) sont essentiels pour récupérer de la souplesse et éviter une nouvelle lésion et inflammation. La possibilité de retour à la compétition peut être estimée par les tests isocinétiques confirmant que le déséquilibre de la force musculaire a été corrigé, le rapport entre les ischio-jambiers et le quadriceps étant de 50 à 60%, et la force du membre lésé ayant été ramené à au moins 90% de celle du membre sain. La seule indication chirurgicale est la rupture complète, sur ou près de son insertion sur la tubérosité ischiatique ou à son insertion distale (que ce soit une avulsion des parties molles avec un large défect ou un arrachement osseux avec un déplacement de 2 cm).
Chris M. Miller, MD, William G. Winter, MD, Allan L. Bucknell, MD, and E. Andrew Jonassen, MD
Les lésions de l'articulation médiotarsienne et de l'avant-pied
Les blessures de l'articulation médiotarsienne et des os de l'avant-pied sont relativement peu fréquentes et leur imagerie offre souvent l'apparence d'une relative bénignité. Cela peut conduire à des erreurs diagnostiques et/ou à un traitement inadéquat et inapproprié, avec des conséquences fâcheuses pour le patient. Le clinicien qui a une connaissance générale des schémas lésionnels variés du médio-pied est apte à approcher ces lésions de façon rationnelle et à apprécier leur sévérité potentielle. Cet article passe en revue le mécanisme, les aspects cliniques et radiologiques et le traitement de ces lésions.
Gary M. Gartsman, MD
Gestion arthroscopique de la maladie de manchette de rotateur
Le syndrome de la coiffe des rotateurs (Impingement: syndrome stade II, rupture partielle de la coiffe, ruptures transfixiantes de la coiffe et ruptures irréparables) est jusqu'à présent partiellement compris. Le rôle de l'arthroscopie dans sa prise en charge prête encore à discussion. Le stade II de l'Impingement syndrome peut être pris en charge de manière satisfaisante par les techniques arthroscopiques. L'arthroscopie permet une exploration complète de l'articulation glénohumérale, conduit une chirurgie au diagnostic et au traitement de lésions intra-articulaires concomitante. Une bursectomie minutieuse, une résection du ligament coraco-acromial ainsi qu'une acromioplastie peuvent être réalisées sans qu'il soit nécessaire de désinserrer le deltoïde. Dans la prise en charge des ruptures partielles, la technique arthroscopique semble offrir des avantages sur la chirurgie à ciel ouvert en permettant une exploration soigneuse de la face profonde endoarticulaire des la coiffe des rotateurs. La profondeur et la taille de la lésion peuvent être déterminées avec précision, permettant le bon choix entre débridement, décompression avec ou sans réparation tendineuse. La prise en charge des ruptures complètes est actuellement à l'étude, certains plaident en faveur d'une réparation strictement arthroscopique, d'autres préfèrent une acromioplastie arthroscopique et une réparation par «miniopen » ces deux techniques ayant le mérite d'exister. La prise en charge arthroscopique des ruptures irréparables semble offrir les mêmes avantages que la décompression à ciel ouvert avec une morbidité moindre. Toutefois, l'habilité chirurgicale lorsqu'il s'agit de réparer soigneusement une coiffe peut être moins précise sous arthroscopie.
Translated by Christophe H. Hulet, MD, Jean Jarriges, MD, Bruno Locker, MD, Daniel Schiltz, MD, and Professeur Claude C. Vielpeau,MD.