(Vol. 5, No. 6)
ISSN: 1067-151X
© 1997 American Academy of Orthopaedic Surgeons
Alexander Y. Shin, MD, and Bruce L. Gillingham, MD
Les fractures de fatigue du col fémoral chez l'athlète
Les fractures de fatigue du col fémoral sont des atteintes potentiellement invalidantes si le diagnostic n'est pas posé ou est retardé et qu'un traitement adapté n'est pas donné. Initialement considérées comme une pathologie du militaire, les fractures de fatigue du col fémoral deviennent de plus en plus fréquentes chez l'athlète civil. La pathogénèse de cet état est multifactorielle. Récemment, il semblerait que la fracture survienne suite à la répétition d'efforts sub-maximaux à une fréquence excédant les capacités adaptatives de l'os. La séméïologie de la fracture du col fémoral est aspécifique, ce sont des douleurs d'effort de la hanche chez un athlète, cédant au repos. Les radiographies standards sont souvent initialement négatives. La scintigraphie est utile mais aspécifique. L'IRM a démontré sa spécificité, sa sensibilité et son utilité pour le diagnostic de cette pathologie. Le traitement des fractures par compression-impaction est généralement conservateur. Le traitement des fractures par cisaillement est controversé. Nous recommandons un traitement agressif pour les atteintes par cisaillement afin de prévenir l'apparition de séquelles catastrophiques d'un déplacement parmi lesquelles: nécrose aseptique, pseudarthrose et coxarthrose.
David L. Skaggs, MD
Les fractures du coude chez l'enfant: diagnostic et prise en charge thérapeutique
Chez l'enfant les fractures du coude sont si fréquentes que tout orthopédiste rencontrera ce type de fracture. L'anatomie spécifique du coude rend le diagnostic moins évident que sur un squelette mature. Une connaissance de l'ossification et de la fusion des noyaux d'ossification secondaire est essentielle à un diagnostic et un traitement adapté. Une arthrographie du coude peut préciser l'anatomie et la diagnostic si les radios standards sont douteuses. Les complications précoces neurologique et vasculaire ne sont pas rares et doivent être diagnostiquées avant la réduction de la fracture. Beaucoup de complications tardives telles que la pseudarthrose, la nécrose avasculaire et l'épiphysiodèse peuvent être évitées par un diagnostic et un traitement correct dès le début. La réduction anatomique de la surface articulaire et des massifs épiphysaires ainsi que l'alignement le plus parfait des fragments sont les pierres angulaires du traitement des fractures du coude.
Harris Gellman, MD, and David Nichols, MD
Algodystrophie du membre supérieur
Le diagnostic et le traitement de la douleur font partie des plus difficiles problèmes auxquels doivent faire face les chirurgiens orthopédistes. Parmi les différents syndromes douloureux, l'algodystrophie est probablement la plus frustrante et la plus difficile à prendre en charge. L'algoneurodystrophie est une pathologie médiée par le système sympathique. Douleurs, oedème et troubles neuro-végétatifs sont les signes cardinaux de cette pathologie. Tandis que la pathogénie reste incertaine, il existe de multiples théories. Le diagnostic peut être confirmé par une réponse adaptée de la douleur au blocage sympathique. Le traitement inclut un programme approprié d'exercices, Alpha-bloquants, anti-dépresseurs, inhibiteurs calciques, blocs régionaux intra-veineux et blocs du ganglion stellaire. Parmi les nouvelles thérapies on peut citer : l'électro-acupuncture, la stimulation nerveuse transcutanée et le biofeedback. Compte tenu de ces conditions, le pronostic doit être réservé, mais les patients répondent mieux lorsque le diagnostic est fait tôt (entre les deux ou trois premières semaines après l'accident) et que le traitement est institué alors que la maladie n'en est qu'au premier stade.
Kathryn E. Cramer, MD, and Berton R. Moed, MD
Les fractures de la rotule: prise en charge et traitement
Les fractures de la rotule appartiennent à un groupe de lésions où sont représentées une large variété de fractures. Les buts du chirurgien sont de restituer l'anatomie articulaire et de réaliser une synthèse stable permettant une mobilisation précoce. Les modes de synthèse contemporains incluent les vis, le cerclage en tension et la combinaison des deux. Les vis et le cerclage ont fait la preuve de leur insuffisance dans certains types de fractures sur modèles expérimentaux, les études biomécaniques montrent que la combinaison des vis et des câbles permettent alors la synthèse la plus sûre. La patellectomie partielle est la méthode de choix en cas de fractures comminutives dépassant toute possibilité de réduction anatomique. L'optimisation du traitement des fractures de la rotule repose sur l'individualisation des techniques chirurgicales. Le programme postopératoire devrait être basé sur les constatations opératoires et la stabilité du montage.
Paul F. Lachiewicz, MD
Arthrite rhumatoïde de la hanche
L'arthrite rhumatoïde de la hanche est souvent infra-clinique, alors que la hanche est atteinte chez 15 à 28% des patients porteurs de la maladie. Les signes radiologiques d'évolutivité comprennent : une ostéopénie péri-articulaire, des géodes et une protrusion acétabulaire d'importance variable. Par des biopsies de l'acetabulum, réalisées au décours d'une prothèse totale de hanche, chez des patients porteur de la maladie, les études histomorphométriques montrent une augmentation du renouvellement osseux. Il existe une élévation du risque de fracture de l'extrémité proximale du fémur chez ces patients, et un taux élevé de problèmes d'ostéosynthèse est rapporté. La prothèse totale de hanche donne d'excellents résultats dans les coxites rhumatoïdes sévères et ce quelque soit l'âge. Une attention spéciale doit être porté au rachis cervical et au traitement médical au cours du bilan préopératoire. Il existe une incidence plus élevé du risque d'infection et de descellement cotyloîdien associé aux prothèses totales cimentées. Le descellement est accéléré chez les patients ayant une arthrite chronique juvénile. Quelques études à court terme montrent de bons résultats précoces des prothèses non cimentées. Des études à plus long terme sont nécessaires pour déterminer si l'amélioration fonctionnelle et la durée de vie supérieure à celle des composants cimentés.
Michael A. Cushner, MD, and Richard J. Friedman, MD, FRCSC
Ostéonécrose de la tête humérale
Notre compréhension des nécroses de la tête
humérale repose largement sur les précédentes
études concernant la tête fémorale. Les similitudes
entre les deux sites sont nombreuses, néanmoins l'épaule
a beaucoup de spécificité. La forme de l'articulation
gléno-humérale, la mobilité scapulo-thoracique,
la riche vascularisation des tissus mous environnants et l'accommodation
de l'articulation gléno-humérale aux différentes
forces (cisaillement, compression) auxquelles elle est soumise
permettent à l'épaule de tolérer une quantité
plus importante de difformités. De nombreux agents pathologiques
peuvent causer la mort de l'os par interruption de l'apport sanguin;
les traumatismes, la prise de corticoïdes, les troubles barométriques,
les hémoglobinopathies, les maladies systémiques
diverses responsables d'ischémies multifocales. La prise
en charge est similaire à celle de la tête fémorale;
les premiers stades répondent bien à une approche
non opératoire, les stades ultérieurs requièrent
la chirurgie. Les hémiarthroplasties et les arthroplasties
totales de l'épaule ont donné de bons résultats.
La chirurgie de décompression, d'apport vasculaire, les
débridements arthroscopiques laissent entrevoir des résultats
prometteurs, mais des études complémentaires sont
nécessaires.
Translated by Christophe H. Hulet, MD, Jean Jarriges, MD, Bruno Locker, MD, Daniel Schiltz, MD, and Professeur Claude C. Vielpeau, MD.